La vitesse de progression n’est pas toujours exponentielle
Avancer au ralenti, c’est encore progresser
Exponentiel : qui augmente de façon rapide et continue dans des proportions grandissantes
La progression dans un ultra est loin d’être linéaire. Elle dépend du terrain, du dénivelé, du stade de la course et de l’énergie du moment. Parfois, je parcours 5 km en 30 minutes, surtout si le sentier est plutôt plat ou peu technique. Et parfois, je ne parcours que 3 km en 60 minutes, notamment quand il y a un fort dénivelé, ou des conditions météo qui rendent le parcours moins roulant. Lors d’un ultra comportant deux boucles de 80 km, il m’est déjà arrivé de faire une portion du parcours en 2 heures et, la même portion, en près de 5 heures. Parce qu’on est rendu de nuit, qu’on a 80 km d’accumulés dans un corps privé de sommeil, sous une pluie battante avec des sentiers qui sont transformés en coulées de boue…
Je m’entraîne presque quotidiennement au même endroit. Souvent, dans les conditions hivernales, surtout s’il ne fait pas trop froid, les sentiers de neige tapée deviennent très rapides. Ces mêmes sentiers, en automne, avec les feuilles qui recouvrent les roches et les racines, deviennent très difficiles à courir, voire périlleux même à la marche. La vitesse de progression n’est donc jamais identique, y compris pour le même coureur. Au lieu d’établir mes objectifs en fonction de ce que je pense être mes capacités, je prends soin de me souvenir qu’il est très difficile d’anticiper ma vitesse de progression, et que même si tout semble bien aller une journée, il se peut que certains éléments extérieurs m’amènent à ralentir ma vitesse.
Il m’est arrivé de me faire une entorse à la cheville à 3 mois du départ d’un ultra, dans la période de volume maximal de ma préparation. C’est certain que d’arrêter totalement de courir au moment où je suis censée réaliser le plus gros volume de ma préparation, c’est anxiogène. Et pourtant, la pire des choses à faire à ce moment-là aurait été de poursuivre la progression en ignorant ce « détail ». Il a donc fallu que je recule sur le plan de ma préparation, que je prenne un temps d’arrêt pour me mettre d’abord au repos, puis que je reprenne très progressivement en course-marche avant d’augmenter à nouveau le rythme. J’ai dû revoir le plan en fonction des circonstances.
L’illusion de la ligne droite
Quand on gère une entreprise, parfois les choses avancent très vite et le développement d'affaires est fulgurant. Parfois les affaires stagnent, voire régressent. Mais c’est important de ne pas baisser les bras et de rester centré sur les objectifs malgré tout, en se rappelant que le parcours ne peut pas être une belle ligne droite et fluide.
Parfois, certaines décisions vous mettent le vent dans les voiles, et permettent à votre entreprise de faire un pas de géant. Au sein de mon entreprise, nous avons connu ça avec l’allègement de certaines contraintes extérieures : tout cela a donné un grand coup de fouet à notre compagnie. Pourtant, quelques mois plus tard, tout est redevenu normal. Les voiles sont retombées. Comme si nous avions fait un retour en arrière. Et pourtant, ce n’est pas le cas : cela permet de prendre conscience que la croissance n’est assurément pas une échelle qui se grimpe avec des paliers du même niveau à chaque fois. Ce n’est pas parce que l’on progresse moins vite qu’on a manqué quelque chose. Il faut savoir être patient.
Parfois on avance vite. Parfois moins vite. Mais le principal, c’est de constater que l’on avance.