La navigation en terrain hostile
Puiser en soi le désir de combattre.
Hostile : Se dit d’un milieu ou d’un environnement dans lequel l’homme est soumis à des agressions physiques.
Me préparer à une épreuve d’endurance de longue durée nécessite de me préparer à affronter de nombreuses conditions extrêmes :
le terrain qui pourrait être accidenté;
la météo qui pourrait être terrifiante;
la présence d’animaux qui pourraient être menaçants.
La perte de motivation qui survient à certains moments peut également devenir un élément susceptible de devenir agressant, car elle nécessite alors de se mettre en position de combat (contre soi-même). Lors de mon dernier ultra, j’ai dû lutter pendant une trentaine d’heures contre le froid paralysant, la pluie incessante, et les violentes rafales de vent.
Mais je savais qu’il était important que je ne néglige pas cet aspect lors de ma préparation : parfois il peut, parfois il y a des orages, parfois il fait 30°C, et parfois -30°C. Je ne me suis pas donné le droit de ne pas réaliser ces sorties sous ce prétexte. J’ai pris conscience que ces escapades, moins confortables que d’autres, me permettent de me préparer pour affronter les éléments agressants le jour J. Je dois aller puiser loin dans mes ressources pour être en mesure de lutter contre ces éléments.
Dans une société dans laquelle nous ne connaissons ni la guerre ni la faim – pour la majorité d’entre nous – , il est parfois difficile de nous placer en position de survie. Et pourtant, c’est principalement dans ces moments-là que je peux faire émerger de mes entrailles la force de combattre. Pendant ces longs mois de préparation, j’ai réalisé une course de 53 km où j’ai dû lutter contre des symptômes de déshydratation en grimpant une montagne qui n’offrait aucun point d’ombre alors que le mercure était particulièrement élevé. Cette préparation à des éléments que je ne peux contrôler a été déterminante pour développer ma capacité à les surmonter. Quelques mois plus tard, pendant que je progressais sous une pluie glaciale, je me suis rappelée quand j’avais réussi à terminer mon autre ultra sous un soleil de plomb : ce n’était pas vraiment plus confortable, mais c’était réalisable. •
Comment s’adapter aux circonstances externes?
Pour diriger une entreprise, on ne peut pas toujours rester dans sa zone de confort. Il est nécessaire de développer les moyens de survivre dans un environnement parfois hostile : des clients exigeants, des partenaires qui ne collaborent pas efficacement, des financiers qui ne voient pas les choses du même œil que l’entrepreneur, etc.
Dans un secteur comme le mien, où le gouvernement est à la fois client et législateur, un simple changement législatif pourrait tuer mon gagne-pain. Face à cette réalité, il m’appartient de me lamenter et de me sentir victime de ces décisions sur lesquelles je n’ai aucun pouvoir… ou plutôt de saisir la moindre occasion de me renforcer et de rester créative pour trouver des solutions et passer par-dessus ces obstacles. Personnellement, gérer une agence de placement dans un contexte politique qui lui est défavorable et menace son existence même me permet de devenir plus forte, plus résiliente. Et surtout, d’accepter que je n’ai pas de contrôle sur tous les éléments.
En développant ma capacité d’adaptation à mon environnement, j’ai décidé de répertorier tout ce qui m’apparaissait comme une menace dans cet environnement professionnel, et d’observer comment je pouvais transformer celles-ci en opportunités. Il faut tenir compte des circonstances extérieures, des aléas liés à l’environnement de travail, et parfois revoir le plan initial en fonction de ceux-ci.
S’adapter aux circonstances permet de prendre des décisions cohérentes et en harmonie avec le contexte extérieur afin de ne pas compromettre la réussite des plans.
Le gouvernement impose de nouvelles règles ? Certains de ces éléments nous ont conduit par moment à cesser de recruter, ce qui est pourtant contraire à la raison d’être d’une agence de placement de personnel. Or, ignorer le contexte politique aurait représenté une grossière erreur de jugement, avec des conséquences probablement fâcheuses pour la suite de nos activités. Parfois, un temps d’arrêt, voire de recul, est nécessaire pour s’ajuster et avancer de nouveau en adéquation avec l’environnement (qu’il soit politique, financier, concurrentiel, etc.) C’est ça, s’adapter aux circonstances rencontrées en terrain hostile.
Quand on évolue dans un environnement qu’on ne maîtrise pas en totalité, il est important de se préparer à affronter les obstacles. Pour cela, la préparation à la survie en milieu hostile est le meilleur exercice pour développer les aptitudes nécessaires pour passer par-dessus.